Qui sommes-nous ?

Le Collectif « On Ne Se Taira Pas » est né de la rencontre d’acteurs divers, dont la liberté d’expression a été menacée suite à des « poursuites bâillons ». Professeurs d’université, ONG, avocats, journalistes, bloggeurs, lanceurs d’alerte, ou simples citoyens engagés, sont de plus en plus souvent poursuivis par des acteurs économiques de pouvoir/d’influence, pour avoir dénoncé au grand public des violations des droits humains et environnementaux.

Ces poursuites bâillons sont davantage destinées à intimider et à faire taire les voix critiques, qu’à effectivement réclamer justice. Sous couvert d’accusations diverses, elles visent à affaiblir psychologiquement et financièrement les personnes et organisations qui en font les frais. En confisquant le débat public, ces poursuites visent à défendre des intérêts privés aux dépens de l’intérêt général et donc des droits fondamentaux.

Il s’agit d’un phénomène en recrudescence et aucun des maillons de la chaîne des défenseurs des droits n’est à l’abri. Informer sur des pratiques pas toujours aussi « green » ou « socialement responsable » que ce qu’en dit une communication externe, peut suffire pour tomber sous le coup d’une poursuite bâillon.

Par ailleurs, ces poursuites profitent de l’inégalité de moyens entre acteurs, puisqu’elles sont généralement utilisées par des structures disposant de moyens financiers et humains bien supérieurs à ceux des personnes et organisations poursuivies. Loin de l’euro symbolique autrefois réclamé, on parle aujourd’hui de millions de dédommagement demandés.

Pourtant, l’existence des poursuites bâillons est peu connue. Or, ce sujet brasse des enjeux essentiels liés à la liberté d’expression, d’information, à la démocratie et à la justice. C’est pourquoi le collectif « On Ne Se Taira Pas » cherche à faire naître et grandir le débat public autour de ces poursuites qui instrumentalisent la justice et criminalisent les voix critiques.

Parce que la lutte contre les poursuites bâillons s’inscrit dans la lignée de la lutte contre l’impunité des multinationales, parce que la liberté d’expression est un droit et que la liberté d’informer n’est pas un délit, parce que la défense de l’intérêt général doit être une priorité pour toutes et tous, nous envoyons un signal fort à tous ceux qui veulent nous bâillonner et recherchent notre autocensure : ON NE SE TAIRA PAS !

Le collectif regroupe : Collectif des Associations Citoyennes (CAC), Coordination Eau Ile-de-France, CRID, FoodWatch, France Libertés, Greenpeace, Observatoire des Multinationales, Ritimo, Sherpa, Survie

Zoom sur :

  • Tribune - Face aux poursuites-bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas !

    Read it in english [here
    >https://onnesetairapas.org/IMG/pdf/tribune-25janv2018-eng.pdf]
    Tribune parue dans Mediapart le 24 janvier 2018 et dans Bastamag.
    Ce jeudi 25 janvier s’ouvre un procès contre Mediapart, L’Obs et Le Point, et deux ONG, Sherpa et ReAct, attaqués en diffamation par la holding luxembourgeoise Socfin, fortement liée au groupe Bolloré. Ce procès marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires lancées par Bolloré et ses partenaires contre des médias.
    Les plaignants (...)

  • Vidéos sur la conférence-débat : "Multinationales et procès bâillons : les enjeux de la vigilance sociétale et de l’information"

    Retour en cinq vidéos sur la conférence-débat Multinationales et procès bâillons : les enjeux de la vigilance sociétale et de l’information qui s’est tenue le 4 octobre 2017 à Paris.
    Organisée par Ritimo, Sherpa et l’Observatoire des multinationales autour de deux numéros de la collection Passerelle, éditée par Ritimo, cette soirée a permis d’aborder les enjeux de la liberté d’informer sur les multinationales, la transparence ainsi que l’encadrement de leurs activités.
    Les « poursuites bâillons », qui (...)

  • Rapport de recherche de la Clinique de l’Ecole de Droit de Sciences Po - Les poursuites stratégiques altérant le débat public

    Quelle régulation face au phénomène des poursuites-baillons en France ?
    Rapport de recherche réalisé par Sandrine Fontaine, Simon Savry-Cattan et Cécile Villetelle dans le cadre de la Clinique de l’Ecole de Droit de Sciences Po.
    Le présent rapport a été rédigé par trois étudiants de la Clinique de l’Ecole de Droit de Sciences Po avec l’appui et le soutien d’Amnesty International France. Il est le fruit d’un travail de recherche juridique et d’une série d’entretiens conduits auprès de représentants (...)